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Le territoire Clauses sociales - Grands Chantiers Archives (A la une !)

D'un chantier d'insertion des Compagnons Bâtisseurs au Centre Dentaire du CHU de Rennes, la montée en compétences d'un bénéficiaire de la clause

Virginie BUSCA, vous êtes facilitatrice de la clause sociale. Nous allons parler d'une personne qui a commencé son parcours dans le cadre de la clause sociale en s'appuyant sur les Compagnons Bâtisseurs, un Chantier d'Insertion, et qui le poursuit actuellement par le biais d'une Entreprise de Travail Temporaire sur un chantier du Centre Hospitalier Universitaire. Pouvez-vous nous expliquer cela ?

La clause sociale correspond à une volonté politique des donneurs d'ordre de donner une dimension sociale forte à leurs achats. Ainsi un un bailleur social ou une collectivité comme la Ville de Rennes ou Rennes Métropole peuvent par exemple peut s'appuyer sur ce dispositif national pour favoriser l'insertion de personnes en difficulté. Dans le cas d'un marché de construction l'opérateur de la clause sociale pourra être un chantier d'insertion, une association intermédiaire, une Entreprise de travail temporaire d'insertion ou conventionnée par la MEIF ou encore le GEIQ BTP du Pays de Rennes.

Aujourd'hui ce sont 24 partenaires qui s'engagent sur notre territoire à promouvoir cette insertion des publics éloignés de l'emploi en intégrant des clauses sociales dans leurs marchés publics. Le CHU (Centre Hospitalier Universitaire) de Rennes est un de ses signataires, un donneur d'ordre particulièrement attentif au bon déroulé des clauses sociales et à la qualité des parcours en particulier.

 

Abdourahamani MADI, vous avez commencé en travaillant aux Compagnons Bâtisseurs et depuis novembre 2016 votre parcours se poursuit en intérim sur un chantier du Centre Hospitalier Universitaire (CHU). Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

Je suis né à la Réunion, je suis arrivé en métropole en 2012. En arrivant à Rennes j’ai d’abord fait plusieurs petits boulots puis j’ai intégré le chantier d'insertion des Compagnons Bâtisseurs en 2015 : mon but au départ était d’apprendre le métier de maçon. En avril 2016, la MEIF a demandé aux Compagnons Bâtisseurs si certains étaient intéressés par une formation au CLPS avant d'intégrer une Entreprise de Travail Temporaire sur un chantier, j'ai été volontaire. On a travaillé sur toutes les règles de sécurité, j'ai appris des choses que je ne connaissais pas ; on a aussi parlé des attitudes qui pouvaient nous aider à bien intégrer une équipe sur un chantier.

J’ai ensuite intégré CRIT INTERIM : M.FRESNEAU m’a appelé en novembre 2016 pour me proposer un poste chez ALU RENNAIS sur le chantier du CHU. Je ne connaissais rien au métier de poseur de menuiserie alu que l’on me proposait mais pour moi c'était une opportunité d’apprendre un métier. Le chef de chantier d’ALU RENNAIS, Jean-Paul CHAUVIN, m’a très bien accueilli. Il m’a appris progressivement à poser des vitrages et des châssis.

Note de la MEIF: sur ce chantier du Centre Dentaire du CHU, 14 470 heures ont été réservées à des personnes en insertion dont 683 ont été réalisées par l'entreprise ALU RENNAIS (entreprise qui a bénéficié dans les 12 derniers mois de 1 630 heures de marchés publics clausés).

Stéphane CANTO, vous êtes le référent de la clause sociale pour le Centre Hospitalier Universitaire. Votre organisme est signataire de la Charte d'activation de la clause sociale.  Pouvez-vous nous expliquer ce que cela signifie et ce que représente votre engagement comme donneur d'ordre ?

Cette charte, signée en 2012, engage le CHU à mettre en œuvre une clause sociale dans tous les marchés de travaux et de services jugés pertinents pour accueillir ce dispositif. Pour les marchés les plus importants, la performance de l’insertion sociale fait partie des critères de choix des fournisseurs.

Ainsi depuis 2012, 25 350 heures au total ont été contractualisées dans nos cahiers des charges et effectuées par des publics prioritaires. En moyenne, l’objectif imposé est dépassé de 20%, ce qui prouve que les entreprises y trouvent leur intérêt et sont pleinement actrices des parcours d’insertion.

Au-delà du respect de la règlementation sur les marchés publics qui nous impose de prendre en considération des objectifs de développement durable, notamment dans leurs dimensions sociales, le CHU assume ainsi sa responsabilité sociétale en tant que 1er employeur public de la région Bretagne.

 

Monsieur CHAUVIN, vous êtes responsable d'Alu Rennais, comment s’est déroulé l’accueil de Monsieur MADI ?

Très bien, nous l’avons accueilli sur ce chantier du CHU et nous lui avons d’abord confié des tâches simples de manutention, puis au fur et à mesure, il a appris le métier. Abdou s’est très bien intégré et il fait maintenant partie à part entière de nos équipes. 

Note de la MEIF : afin de compléter sa formation et pour le faire gagner en compétences l’agence CRIT va financer en septembre prochain une formation de CACES Nacelle (Certificat d'Aptitude à la Conduite en Sécurité).

 

Retour sur la première étape du parcours de Monsieur MADI avec Colette LHOSTE-CLOS, conseillère en insertion professionnelle (CIP) au chantier d'insertion des Compagnons Bâtisseurs Bretagne (CBB)

Monsieur MADI a commencé son parcours d'insertion au sein d'Étues et Chantiers sur un chantier en espaces verts.

Mon homologue, conseillère en insertion à Etudes et Chantiers, a pris contact avec notre association car lors des entretiens de suivi à Etudes et Chantiers Monsieur MADI ne parlait que de travailler dans le bâtiment. Et, en effet, lors son entretien préalable à l’embauche chez nous aux CBB, Monsieur MADI a exprimé avec force, motivation et conviction, son envie d’intégrer un chantier en maçonnerie. Il a dit aimer travailler en extérieur et ne pas craindre une activité physiquement exigeante.

Monsieur Madi a su dès le début de son parcours s’emparer des propositions que nous lui faisions. Moins de 3 mois après son arrivée, soit en novembre 2015, il faisait déjà une Période de Mise en Situation en Milieu Professionnel (PMSMP) dans une entreprise de maçonnerie/rénovation qu’il avait trouvé par ses propres moyens. Le retour de cette période par l’entreprise a été très positif.

Fin mars 2016, il a intégré le « SAS Vers l'Emploi » organisé par la MEIF et le CLPS. Le profil de Monsieur MADI a été présenté à quelques agences d’intérim, dont CRIT. Mr MADI a toujours été très entreprenant dès qu’on lui proposait un dispositif, un contact, une adresse pour aller vers le monde du travail en dehors de notre chantier d'insertion. Cette persévérance et sa grande motivation lui ont permis de commencer une mission en entreprise grâce à CRIT en novembre 2016 dans le cadre d’un marché clausé. Il est revenu passer le Certificat de Qualification Professionnelle « salarié.e polyvalent.e » aux CBB, CQP qu’il a obtenu.

Colette LHOSTE-CLOS, en quoi consiste concrètement l'accompagnement dans votre chantier d'insertion ?

Lire l'explication de Colette LHOSTE-CLOS

Pour en savoir plus sur les Compagnons Bâtisseurs



www.compagnonsbatisseurs

Le Centre des Congrès de Rennes Métropole : un chantier remarquable, y compris pour l'insertion

Monsieur Madi EL HABBIB, depuis janvier de cette année, vous travaillez dans le cadre de la clause sociale comme aide-menuisier à CMA Bois sur le Couvent des Jacobins. Vous avez l'air d'être vraiment content de travailler sur ce chantier…

Oui ! Ici j'apprends des choses nouvelles, comme poser des panneaux pour l'habillage mural ; je refais aussi ce que j'aime dans le métier de menuisier que j'ai appris à Mayotte, comme la pose d'huisseries et en plus ici les produits sont de très grande qualité. Je n'ai jamais travaillé dans un chantier comme celui-là, on m'a expliqué à quoi allait servir ce Centre des Congrès, quand j'explique çà à ma famille, je suis fier. En plus, comme j'habite Villejean, je suis à 10 mn de mon travail.

Note de la MEIF : M.EL HABBIB réside en Quartier Prioritaire de la Ville, comme 23 des 60 bénéficiaires de la clause sociale qui ont travaillé sur le chantier du Couvent des Jacobins/Centre des Congrès depuis janvier 2014 (soit 38%). A ce jour, ces 60 personnes ont travaillé 25 650 heures 42 % sont des jeunes de moins de 26 ans accompagnés par la Mission Locale ; 87% des bénéficiaires de la clause ont un niveau de qualification 5 et 5 Bis (CAP-BEP ou sans diplôme).

Comment s'est passé votre intégration dans les équipes de CMA ?

Très bien, les équipes sont restées stables. Les collègues sont très sympas, on déjeune ensemble. Je m'entends bien avec mon chef, Monsieur GOURIO, il prend le temps de m'expliquer les choses. Comme je fais aussi de la manutention, j'ai été 2 jours au centre de formation VINCI-CESAME à St Nazaire me former sur les Gestes et Postures, cette formation m'aide bien.

M. LEPIOUFF, directeur d'exploitation SOGEA Bretagne. " Sur ce Grand Chantier, nous excellons dans la complexité technique et architecturale avec 35 corps de métiers qui rassemblent plus de 120 entreprises, 200 compagnons et 50 encadrants ! " / Pour connaître la perception de la clause par SOGEA, entreprise responsable, sur ce chantier, du respect des engagements des sociétés pour la clause sociale (24 220 heures)

Monsieur GOURIO, vous êtes chef d'équipe chez CMA, vous êtes le tuteur de M.EL HABBIB, pouvez-vous nous dire comment se passe son parcours ?

Si on avait toujours des gars comme Madi ! Je travaille à CMA depuis plus de 35 ans, des gars, j'en ai vu - je peux vous dire qu'il est sérieux. Ce qui est bien avec lui, déjà, c'est qu'il respecte à 150% les règles de sécurité qui sont vraiment essentielles pour notre entreprise, que ce soit pour notre personnel permanent, nos intérimaires ou nos sous-traitants. En plus, Madi ne reste pas sans rien faire, il appuie les équipes et comme il a de bonnes notions en menuiserie, il peut donner de vrais coups de main. Par exemple, en ce moment on pose des huisseries, c'est un travail d'agenceur, un travail méticuleux, Madi progresse bien.

M. JOUANNY, vous êtes Responsable du Personnel chez CMA, pouvez-vous nous parler de votre entreprise et de votre perception de la clause sociale ?

Notre société est spécialisée dans le bois (agencement et mobilier). Nous comptons 60 collaborateurs permanents avec un atelier à St Brieuc de 20 salariés. Nous travaillons sur le Couvent des Jacobins avec une clause sociale que nous connaissons bien : nous avions intégré dans nos équipes des personnes en parcours d'insertion sur nos chantiers de la piscine d'Angers ou au Zénith de Brest. Sur ces chantiers les personnes ont montré un tel sérieux que nous avons prolongé leur contrat sur toute la durée du chantier, au-delà des heures qui nous étaient demandées, alors quand la Maison de l'Emploi qui anime la clause nous a proposé de recruter sur les quartiers rennais, ça ne nous a posé aucun problème.
(Note de la Meif : ces recrutements ont été effectués à la Maison des Squares, dans le quartier rennais du Blosne).

Aurore GASNIER, vous êtes chargée au sein d'A2i (Entreprise d'Intérim d'Insertion du groupe Actual) de l'accompagnement des bénéficiaires de la clause sociale, pouvez-vous nous parler de M.EL HABBIB et plus largement de cette fonction d'accompagnement.

Madi avait quelques expériences en menuisier à Mayotte, il est arrivé en France Métropolitaine en 2013 mais depuis n'avait fait que quelques missions assez courtes. Ici, il est là depuis 4 mois (depuis  le 3 janvier) et il va continuer car il correspond aux besoins de l'entreprise en termes de compétences et de sérieux. Il a aussi progressé en communication et en assurance. On attend quelques semaines et on pourra caler une formation CACES Nacelle qui va renforcer son employabilité  (Certificat d'Aptitude à la Conduite En Sécurité). C'est notre rôle d'Entreprise de Travail Temporaire d'Insertion de veiller à ce que ses missions soient de plus en plus qualifiées et qu'il ait donc de plus en plus de compétences.

De gauche à droite : Madi EL HABBIB (bénéficiaire de la clause), Messieurs JOUANNY et GOURIO (CMA) et Caroline REZE (directrice d'A2i-Actual)

 

 

 

 

De gauche à droite : Madi EL HABBIB (bénéficiaire de la clause), Messieurs JOUANNY et GOURIO (CMA) et Caroline REZE (directrice d'A2i-Actual)

Virginie BUSCA, vous êtes facilitatrice de la clause sociale au Guichet Unique Atouts Clause. N, nous avons présenté le parcours d'un bénéficiaire de la clause sociale qui travaille depuis janvier sur le Couvent des Jacobins, pouvez-vous nous parler de la mise en œuvre de la clause sociale sur ce site exceptionnel qui constituera le prochain Centre des Congrès de Rennes Métropole ?

Sur ce chantier, l'entreprise SOGEA Bretagne s'engage en tant qu'entreprise générale à coordonner l'intervention de toutes les entreprises impliquées. A ce titre, SOGEA est responsable de l'ensemble des heures d'insertion inscrites au marché de Rennes Métropole soit de 24 220 heures sur le Gros Œuvre et Second Œuvre. A fin avril, nous avons déjà dépassé ce montant (25 650 h).

A ce jour, 60 personnes ont intégré ce chantier grâce à la clause sociale dont 42% de jeunes de moins de 26 ans accompagnées par la Mission Locale et 38 % de résident des Quartiers Prioritaires de la Ville de Rennes (23 personnes) ; nous avions mis en place des informations collectives en novembre 2016 dans le quartier du Blosne avec en particulier CMA et A2i (une Entreprise de Travail Temporaire d'Insertion) pour présenter des offres d'emploi.

Sur ce chantier, SOGEA a choisi de répartir de manière équilibrée les heures d'insertion : SOGEA s'était engagée à réaliser la moitié sur la partie Gros Œuvre, et l'autre moitié sur le Second Œuvre sur 14 lots (ex. peinture, menuiserie, cloisons, électricité, plomberie, faux-plafonds), ce qui a permis de proposer à nos partenaires emploi dans les quartiers différents types de métiers. Il est important de préciser que SOGEA - pour sa partie Gros Œuvre - a à ce jour réalisé 18 000 heures sur un objectif de 12 250 heures soit 47% d'heures en plus de l'engagement initial, ce qui prouve que les entreprises ont rencontré des personnes compétentes et capables de bien s'intégrer au site et à leurs équipes. / Pour mieux comprendre en quoi consiste le suivi de la clause sociale

 

Pour découvrir l'évolution de ce chantier exceptionnel depuis son ouverture, consulter le Blog Chantier - Couvent des Jacobins

Vous pouvez également visualiser les photos ci-dessous en cliquant sur les vignettes.

Le groupement Legendre/Angevin, partenaire de la clause sur le lot 2 du Métro

Le lot 2 du chantier de la ligne B du Métro de Rennes (donneur d'ordre la SEMTCAR) comprend la construction de la tranchée couverte et de 2 stations : station la Courrouze et station Saint-Jacques Gaité. Ce chantier centré sur le Gros-Œuvre s'est terminé.

Séverine LE CAM, vous êtes facilitatrice de la clause sociale, pouvez-vous nous présenter en quoi à consister la mise en œuvre de la clause sociale sur ce lot 2 du Métro ?

Le groupement LEGENDRE Génie Civil et ANGEVIN titulaire du lot 2 devait honorer un engagement de 30 000 heures de travail réservées à des personnes inscrites dans un parcours d'insertion professionnelle.
Le groupement a choisi d'attribuer une partie des 30 000 heures d'insertion à ses sous-traitants. C'est ainsi que 13 entreprises se sont engagées dans une démarche d'insertion au titre de la clause sociale. L'objectif est dépassé à ce jour de 20%. Ce sont 59 personnes qui ont travaillé sur ce chantier dans le cadre de la clause dont ¼ de jeunes de moins de 26 ans ; 22% résident en Quartiers Prioritaires de la Ville. Les postes occupés étaient par exemple des postes de coffreur-bancheur, ferrailleur, étancheur, conducteur d'engin Travaux Publics, chauffeur de parc matériel, préparateur de matériel, homme trafic, agent d'entretien des bases de vie.
La clause a pu être un outil d'insertion grâce :

- au passage de 12 CACES (Certificat d'Aptitude à la Conduite En Sécurité) au bénéfice de 7 personnes ;
- à la mise en œuvre de passerelles entre le lot 3 (construction de la station Joliot Curie) et le lot 2 : 9 salariés du lot 2 ont ainsi pu basculer vers le lot 3 du Métro, ce qui a permis de prolonger leurs missions.

Aujourd'hui, 20% des personnes qui ont travaillé sur le lot 2 en bénéficiant du dispositif des clauses sociales occupent un emploi durable (CDD de 6 mois ou plus, CDI).

Ankidine ABDOU, un des bénéficiaires de la clause, salarié d'ANGEVIN (habitant en Quartier Prioritaire) a travaillé sur le lot 2 de la ligne B du Métro (lire son portrait plus loin).

Monsieur Romain LEHOUX, vous êtes directeur de travaux chez Angevin. La ligne B du Métro est un des Grands Chantiers de Rennes Métropole. En tant que mandataire du lot 2, le groupement Legendre GC et Angevin avait un objectif global de 30 000h de clause sociale. Le fait que ce chantier soit un Grand Chantier a-t-il eu impact, une incidence particulière sur votre façon de mettre en œuvre votre clause d'insertion ?

C'est avec le Métro que nos 2 entreprises ont choisi, chacune d'elle en son nom propre, d'adhérer au Groupement d'Employeurs pour l'Insertion et la Qualification (GEIQ) du BTP du Bassin de Rennes. Le lot 2 du Métro nous a fait passer le cap, il a été déclencheur. Cela nous a permis de proposer à 5 des participants de la clause sociale des contrats de durée conséquente (10 mois en moyenne, 2 chez Angevin, 3 chez Legendre) avec une qualification au bout, un titre professionnel de coffreur-bancheur ; cela correspond totalement à notre politique de ressources humaines ; cela fait partie de notre responsabilité sociétale : remettre en route des personnes qui n'ont plus le pied dans le travail. On s'est appuyé sur ces 30 000h pour l'ensemble du lot pour proposer des missions longues et quelques parcours qualifiants. 

Au début de notre chantier, nous avions participé avec la MEIF, Pôle Emploi et notre OPCA Constructys, au recrutement de 4 demandeurs d'emploi pour qu'ils suivent une formation de 300h permettant l'obtention du 1er Certificat de Compétences Professionnelles (CCP) du titre de coffreur ; cela a permis à ces personnes d'être vraiment dans une démarche professionnelle quand elles ont intégré notre chantier. Cette formation a été créée spécialement pour les Grands Chantiers".

Monsieur Romain LEHOUX, la clause sociale a pour objet de sécuriser les parcours des participants, Abdou ANKIDINE est un exemple de cette logique qui a été celle de votre entreprise ANGEVIN

"Tout-à-fait. Nous avions sélectionné ce jeune avec la MEIF et la Mission Locale pour commencer une formation à l'AFPA qui lui a permis d'atteindre un premier niveau de qualification : le 1er CCP de coffreur-bancheur. Il a intégré notre équipe en contrat de professionnalisation avec le GEIQ. Ce qui est intéressant avec les Grands Chantiers c'est qu'il a travaillé sur le parking Sud Gare, il travaille aujourd'hui à Angers. Il a développé sa capacité d'adaptation en s'intégrant à une autre équipe et à un chantier différent. A l'issue de son contrat de professionnalisation en mai de l'année dernière il a obtenu son titre et a confirmé son projet professionnel de travailler comme coffreur, il est aujourd'hui chez nous en CDD d'un an et tout se passe très bien, c'est effectivement un exemple de parcours exemplaire.

Monsieur Abdou ANKIDINE, pouvez-vous nous parler de votre parcours avant de commencer votre parcours en clause sociale ?

J'avais entamé un CAP d'électricien, je n'ai pas été jusqu'au bout. J'ai ensuite été accompagné par la Mission Locale et Raphaël VASQUEZ m'a alors proposé de me former au métier de coffreur-bancheur à l'AFPA ; c'était une formation de plus de 300h qui m'a permis de découvrir un métier que je ne connaissais pas.

Le moment le plus fort de mon parcours, c'est la signature de mon contrat chez Angevin, après avoir fait mon contrat de professionnalisation dans cette entreprise. Ils ont vu que j'étais sérieux et motivé, je leur ai aussi dit que je pouvais faire des déplacements (note : Abdou Ankidine travaille aujourd'hui à Angers).
Ce qui me plait le plus dans ce métier, c'est de travailler en équipe et de faire un travail qui varie, même dans la même journée. Je ne regrette vraiment pas d'avoir changé de métier ! Aujourd'hui je continue de progresser, j'avais dit à Hervé ROCHARD d'Angevin que j'avais besoin de me perfectionner en lecture de plans et voilà, je viens de finir la 1ère semaine de formation, il y en aura 3 autres ; après, je serai plus autonome.

Monsieur Jacky BOURDON, Abdou ANKIDINE a travaillé 6 mois sur le chantier du parking Sud de la Gare, vous y étiez chef de chantier, pouvez-vous nous parler de son évolution professionnelle ?

Ankidine a intégré le chantier en mai 2016, deux mois avant la fin de son contrat de professionnalisation avec le GEIQ avec notre entreprise, il a ensuite continué en CDD (d'un an) : c'est pour vous dire qu'il a été apprécié ! Il a su montrer sa motivation aux équipes et à ses encadrants ; s'il fallait exceptionnellement rester un peu plus un soir, il répondait présent. Il a aussi été apprécié parce que c'est une personne calme et çà c'est important dans un chantier de cette taille : on était 40 compagnons ! Pour le faire évoluer, on se calait sur sa progression en centre de formation, on était en contact avec le GEIQ pour ça.

Il a vu toutes les phases de ce chantier : il est arrivé juste 3 mois après le début du chantier, çà lui a permis de couler des fondations, de tracer l'implantation des futurs murs ; ensuite il a posé des poutres, toute la partie coffrage ; on a vraiment vu sa progression avec les dernières poutres. Ce qui a aussi été intéressant pour Ankidine, c'est qu'ici il devait être rigoureux et précis : les diamètres des poutres étaient différents, les poutres aussi n'étaient pas identiques, le plancher aussi n'était pas partout horizontal, c'est un parking de plusieurs étages ! Toutes les spécificités de ce bâtiment représentaient une difficulté pour un jeune compagnon mais Ankidine a montré tout son sérieux au boulot, il a donc appris beaucoup. Ce qui est bien aussi pour lui, c'est que sur ces 6 mois de chantier, il a été encadré par 3 chefs d'équipe : il a appris à s'adapter à des manières de faire différentes, chacun encadre aussi avec son propre style. Maintenant il est à Angers sur le chantier Quatuor près de la Gare pour faire des bureaux, c'est bien : il va découvrir autre chose. Ankidine a compris que dans notre métier, il fallait être mobile, notre entreprise a donc envie de le faire encore plus évoluer.

Le groupement du lot 2 du Métro avait décidé de dédier pour ce chantier un référent clause sociale en interne. Pourquoi ? Quel était votre rôle, Monsieur Hervé ROCHARD ?

Avoir dans son poste une fonction dédiée au suivi de la clause sociale permet à notre groupement de travailler de manière plus qualitative, avec une vue d'ensemble et aussi un regard sur chaque parcours. Nous avons par exemple innové sur ce chantier en créant une charte de tutorat qui intégrait un accueil spécifique sur le chantier pour la prise de poste des personnes en insertion. Il faut vraiment que les personnes soient bien tutorées, on doit se donner les moyens de bien les encadrer pour leur donner les bons réflexes. Tous les 2 mois je faisais le point avec Séverine LE CAM, facilitatrice de la clause sociale pour s'assurer du bon déroulé de la clause sur le plan quantitatif et qualitatif. Cela permettait par exemple de réfléchir à de nouveaux postes sur lesquels "mettre de la clause", c'est comme cela que nous avons pensé à des postes moins classiques comme ceux de préparateur du matériel pour Angevin et de chauffeur de parc matériel pour Legendre (ce poste a été pérennisé au bout d'un an avec un CDI).

Avec la MEIF, nous avons toujours travaillé en bonne intelligence ; nous avons réussi à trouver des compromis lorsque nous n'étions pas d'accord, et cela a été payant puisque nous avons dépassé notre objectif d'heures de près de 20%, sachant que 25% des participants de la clause qui ont travaillé sur ce lot 2 ont eu des missions de plus de 1 000h (soit plus de 6 mois en Equivalent Temps Plein). Je travaille sur différentes régions, c'est ici que le suivi est le plus fort : parfois on ne nous demande qu'à la fin du chantier un bilan et le plus souvent, uniquement un bilan quantitatif. Ce partenariat entreprise mandataire - MEIF est essentiel. A titre d'exemple, Séverine LE CAM est venue expliquer la clause sociale à nos sous-traitants, cela leur a permis de comprendre aussi l'esprit de ce dispositif qui ne consiste pas seulement à "faire des heures" mais à les "faire bien".

La clause dans le BTP, c'est aussi pour les femmes

ATOUT CLAUSES, le Guichet Unique de la clause sociale de la MEIF,  a organisé, du 14 au 25 novembre 2016, avec le CLPS de Rennes une formation de 2 semaines permettant de préparer 12 demandeurs d'emploi à intégrer les Grands Chantiers de Rennes Métropole. Fruit d'un partenariat avec le Conseil Régional de Bretagne (dans le cadre d'une Action Territoriale Expérimentale) et la MEIF, cette formation a été centrée sur la prévention des risques sécurité sur un chantier pour permettre à ces futurs bénéficiaires de la clause sociale d'identifier les risques sur un chantier du BTP, de connaître les principales règles de sécurité et les outils concrets pour la mettre en œuvre. Cette formation a aussi intégré des modules sur l'intégration dans une équipe professionnelle et des rencontres avec des professionnels du secteur : société TIRIAULT, le GEIQ/Groupement d'Entreprises pour l'Insertion et la Qualification du BTP du bassin de Rennes, A2i, une Entreprise de Travail Temporaire d'Insertion (ETTi).

Intégrer d'avantage de femmes dans la clause sociale

Le pari a été relevé grâce aux prescripteurs (Mission Locale, PLIE, Ateliers et Chantiers d'Insertion) : intégrer 6 femmes dans ce groupe et construire dans les mois à venir leur parcours dans le cadre de la clause sociale. Leurs métiers ou leurs projets : peinture, coffrage, maçonnerie, pose de sols souples, entretien en espaces verts. Notre objectif aujourd'hui, avec le concours des entreprises attributaires des marchés publics : leur permettre d'accéder à l'emploi et les accompagner dans un parcours qualifiant.

Favoriser l'emploi des habitants des quartiers prioritaires

5 participants de ce SAS sont habitants des Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV) de Rennes. Le Guichet Unique entend participer aux efforts demandés par la Ville de Rennes dans le cadre de son Plan Emploi Quartier : développer l'emploi sur les territoires prioritaires. D'ores et déjà, un jeune accompagné par la Mission Locale a commencé une mission clausée et certains se sont vu proposer des missions intérimaires qui démarreront dans les semaines à venir ; des entretiens sont aussi prévus avec le GEIQ du BTP du Pays de Rennes pour envisager pour certains un contrat de professionnalisation.

Des rencontres avec des professionnels

Au cours de cette formation, les participants ont échangé avec des professionnels qui seront peut-être demain leurs employeurs : Aurore GASNIER de l'ETTi A2i et Gilles GOHIER directeur du GEIQ BTP du Pays de Rennes. Ces deux rencontres ont permis d'expliquer les particularités de chaque type de parcours (ex. les contrats de professionnalisation, par alternance, pour le GEIQ). Un moyen aussi d'entendre les exigences des employeurs. Grâce à l'Exploratoire, les participants du SAS ont aussi élargi leur connaissance des métiers du BTP.

Une visite de chantier : une rencontre avec des tuteurs de la clause

Au cours de cette formation, les participants ont profité d'une visite du chantier avec TIRIAULT, une des entreprises partenaires de la clause, sur un chantier de l'Hôpital Pontchaillou.

" Nous faisons de l'insertion sans le savoir "
Mme IKENE, dirigeante de l'entreprise TIRIAULT, présente sa conception de l'insertion : " TIRIAULT, c'est d'abord une entreprise familiale créée en 1973. En 1985, mes parents ont embauché une première femme sur chantier, c'était vraiment nouveau dans le secteur. Aujourd'hui, elle a elle-même monté son entreprise. Actuellement 8 femmes travaillent au sein de notre entreprise dont 7 en CDI et une en CDD en insertion sur 8 mois ; ce sont aussi 3 apprenties filles qui sont intégrées dans nos équipes, 2 en CAP, la 3è en Bac Pro.

Lorsque j'ai repris la direction, j'avais beaucoup de choses à prouver, mais cela m'a sensibilisé au recrutement de profils atypiques.

Chez Tiriault, nous faisons de l'insertion sans le savoir parce que nous formons nos jeunes apprentis, d'horizons, de culture et de formation différentes, qui peuvent être diplômés ou pas, qui sortent du bac ou de 3è. L'idée selon moi avec la clause, ce n'est pas de prendre des personnes en intérim juste pour 15 jours et se dire "c'est bien, j'ai répondu à ma clause", l'objectif c'est de travailler sur du long terme.

C2R FACADES recrute un habitant des Quartiers Prioritaires après un Chantier École
Marie GENEAU, chargée de mission MEIF

Marie GENEAU, vous êtes chargée de mission à la MEIF, pouvez-vous nous présenter cette action que l'on appelle "chantier-école" ?

" La démarche de Gestion Prévisionnelle des Emplois et Compétences Territorialisée dans le secteur du bâtiment animée par la MEIF a pour objectif d’accompagner la  filière dans son évolution en lien avec la transition énergétique et la transition numérique. C’est dans ce cadre qu’en 2014 que la MEIF et ses partenaires avaient mis en en place un premier chantier école sur les techniques de l’Isolation Thermique par l’Extérieur (ITE). Il s’agissait de permettre à un public éloigné de l’emploi d’acquérir des compétences recherchées sur le marché du travail local grâce à une formation pratique délivrée sur un véritable chantier.

Forts de la réussite de cette expérimentation, la MEIF et ses partenaires (la Région Bretagne, Pôle Emploi, Archipel Habitat, Aiguillon Construction, la FFB, les entreprises C2R Façades et Isol'Faces, et le GRETA,) ont souhaité renouveler en 2016 cette action de formation délocalisée sur chantier dans le cadre d'une Action Territoriale Expérimentale de la Région Bretagne.

Avant-après le travail des stagiaires encadrés par C2R Façades sur un immeuble rennais.

" Le marché grandissant de la rénovation énergétique promettant des perspectives d’emploi, il paraît ainsi essentiel de miser sur la formation. D’avril à juillet 2016, un groupe de 10 stagiaires s’est ainsi formé en utilisant de véritables chantiers comme terrain d’apprentissage : l’ITE d’un immeuble de 11 étages avec l’entreprise C2R Façades (maîtrise d’ouvrage : Aiguillon Construction) et l’ITE de maisons individuelles avec l’entreprise Isol’faces (maîtrise d’ouvrage : Archipel Habitat)." 

Maison individuelle
Maison individuelle

Cette formation hors les murs a permis d’acquérir de façon simultanée des savoir-faire techniques et le savoir-être lié à la vie de chantier tout en étant encadrés par un organisme de formation, le GRETA de Rennes.

Le recrutement après la formation, le signe de la réussite de la formation

" 2 stagiaires aujourd'hui en intérim et 5 en CDD de 6 mois avec des perspectives de CDI ensuite, c'est une réussite pour tous… cette formation ne permet pas d'accéder à un Certificat de Compétences Professionnelles mais à une attestation de capacité professionnelles Isolation Thermique par l'Extérieur et surtout à une expérience de terrain extrêmement forte." Béatriz ISSIGONIS, conseillère et responsable de projet au GRETA. Les participants ont aussi bénéficié d'un module Sauveteur Secouriste du Travail et d'un module Prévention des risques professionnels.

La mise en cohérence des dispositifs d'insertion :

Une clause sociale d'insertion était intégrée au marché; cependant, lorsque l'entreprise, en lien avec le maître d'ouvrage, a proposé de mettre en place un chantier école, un accord a été trouvé permettant que la moitié des heures d'insertion dues par l'entreprise soit considérée comme faite au travers de cette action. L'autre moitié a été maintenue, et ce, afin de favoriser l'embauche dans l'entreprise réalisant le chantier de personnes ayant bénéficié du chantier école. Soyafane DHOIFFIR bénéficiaire du RSA, a bénéficié du chantier école, puis a été maintenu dans l'entreprise grâce à la clause sociale, et a finalement été recruté par C2R Façades.
"C'est un bel exemple d'implication d'une entreprise, qui va au-delà de ses obligations contractuelles et tient son engagement jusqu'au bout". Virginie Busca, facilitatrice des clauses sociales.
"Avant le chantier-école, j'avais fait un stage de 2 semaines grâce à Pôle Emploi avec C2R. Avant, j'avais fait du coffrage à Mayotte. Je cherchais à me poser. Ce qui me plait le plus dans ce métier, c'est qu'il y a beaucoup plus de choses à faire que dans le coffrage en restant toujours dehors. J'apprends des bases en menuiserie pour le bardage, l'enduit aussi. Je progresse, j'apprends à maîtriser le geste, le coup de patte comme dit mon tuteur".

Le tuteur de M.Dhoiffir à C2R Façades témoigne de son sérieux : "Ce qui est agréable avec lui ? C'est un bosseur Il s'entend bien avec tous les gars, c'est la base de l'intégration dans l'équipe ! Il a bien évolué et il continuera à évoluer sur le terrain, comme les autres. Le boulot, ça s'apprend pas dans les livres. Soyafane va continuer chez nous après cette formation, il va apprendre à connaître d'autres isolants, sur ce chantier on utilisait de la laine de roche et avec l'autre entreprise (Isol'Faces) il a découvert le polystyrène. Il va utiliser d'autres enduits, ici tout était à la main… Ce qui était aussi intéressant avec ce chantier-école, c'est que j'ai pu échanger avec le formateur du GRETA dès que j'en avais besoin, il était là sur place, çà c'est un plus ! 

La réussite de cette formation tient à 4 facteurs :

Une organisation de formation originale : la moitié des stagiaires environ travaillait sur le chantier quand l'autre moitié était en salle avec le formateur du GRETA. Pour le 1er chantier dans un appartement loué par C2R Façades, et pour le 2è chantier avec Isol'Faces dans une salle mise à disposition par la Mairie du Rheu.
Béatrice ISSIGONIS du GRETA : "L'organisation des deux chantiers étaient différentes, les techniques et les matériaux aussi, ce qui a élargi la palette des savoir-faire acquis. Par exemple, le 1er chantier avec C2R Façades a permis en plus d'apprendre les règles de sécurité pour le travail en hauteur car les stagiaires utilisaient des plateformes élévatrices tout le long des immeubles."

Pierre DAVY, dirigeant de C2R Façades, témoigne : "Au début, 10 stagiaires, cela nous a un peu déstabilisé mais rapidement on a trouvé la bonne organisation avec le formateur du GRETA qui intervenait dans un appartement qu'on avait loué sur le chantier… on a fait sans cesse des échanges avec le formateur, on lui expliquait où on en était sur le chantier et il nous disait comment il allait construire ses séquences pédagogiques en fonction de çà ; on a vraiment senti qu'on avançait ensemble, çà c'était vraiment très agréable. Sur notre chantier, ils ont appris à poser au mortier-colle des panneaux de laine de roche haute densité, ils ont aussi découvert les techniques de bardage métallique et la finition talochée, ils ont aussi appris à mettre de l'isolant en soubassement. "

Une implication des entreprises dès le recrutement
Et Pierre DAVY, dirigeant de C2R Façades de poursuivre : "la réussite du chantier-école passe d'abord par le temps passé pour le recrutement." À savoir 2 journées entières en janvier 2016. Impliquer ainsi les entreprises dans les entretiens de sélection des stagiaires, c'est créer un autre type de relation avec les entreprises et les amener à se projeter dès le départ dans le projet de recrutement après la formation. Béatrice ISSOGONIS du GRETA ajoute : " L'implication de tuteurs de proximité par chaque entreprise a aussi été un élément moteur dans la progression des stagiaires ; le fait de faire avec l'entreprise des évaluations tout au long de la formation a aussi été très utile : chaque stagiaire repartait avec des objectifs de progression bien précis."

Ce taux important de recrutement passe aussi bien entendu par le sérieux des stagiaires eux-mêmes tout au long de la formation. Béatriz ISSIGONIS du GRETA précise : " Tous les candidats étaient présents le 1er jour de la formation alors que le chantier-école a démarré avec 2 mois de retard en raison d'une blessure du formateur référent de notre centre de formation. Une assiduité forte, un seul candidat perdu de vue pendant la formation. Tous se sont investis, tous avaient des rythmes d'apprentissage spécifiques mais il n'y a pas eu d'absentéisme". Et C2 R Façades de préciser : " Nous avions une crainte avec la hauteur des échafaudages, on a insisté tout au long du chantier sur les règles de sécurité, ces avertissements ont été bien intégrés. On a fixé les règles dès le départ, les stagiaires savaient que s'ils ne respectaient pas ces règles, ils ne pourraient pas rester chez nous. "

" Nous attendons le prochain chantier-école".
Pierre DAVY, dirigeant de C2R Façades : " Soyafane et les 2 autres stagiaires que l'on a recrutés en CDD de 6 mois nous ont séduits : ils sont bosseurs. Nos chefs d'équipe ont besoin de gars comme eux qui travaillent et s'intègrent bien dans l'équipe. Ce qui nous a plu, c'est aussi leur conscience professionnelle, leur ponctualité, leur discrétion aussi : au sein de notre entreprise, on a une exigence client très forte ; sur le chantier, on a travaillé alors que les locataires étaient toujours dans leur appartement, alors vous imaginez bien que les règles de comportements, les savoir-être sont essentiels pour nous… Ce chantier-école est une réelle opportunité car il est difficile de trouver des jeunes dans notre secteur. Nous sommes convaincus de la pertinence de ce type de formation, d'ailleurs on avait embauché un stagiaire lors de la précédente expérience en 2014 sur le Foyer de Jeunes Travailleurs, rue de Brest. Nous attendons maintenant le prochain chantier-école ".

LE CHOIX par SOGEA Bretagne BTP de la QUALIFICATION avec le GEIQ du BTP de Rennes

"Nous croyons dans la pertinence des formations en alternance"

Alain FAUCHEUX, maître-compagnon et Damien CACHON, conducteur de travaux de SOGEA Bretagne BTP,

Au 1er plan Alain FAUCHEUX, maître-compagnon.
En arrière-plan, Damien CACHON, conducteur de travaux principal de SOGEA Bretagne BTP, filiale de Vinci Construction : "Sur ce chantier rennais de la ZAC Normandie Saumurois (quartier de Villejean), nous construisons pour Archipel Habitat 150 logements étudiants et 700m2 de locaux d'activités associatives et paramédicales. Dans le cadre d'une clause sociale, nous avons intégré 2 nouveaux collaborateurs en faisant appel au GEIQ du BTP du Pays de Rennes : Florab MUCA depuis mars dernier et Révéka MADI depuis fin mai. Madame BUSCA, la facilitatrice du Guichet Unique des Clauses Sociales a été attentive à ce que ces 2 personnes soient habitants d'un Quartier Prioritaire de la politique de la Ville car ce chantier s'inscrit dans le Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain et à ce titre bénéficierait de financements de l'ANRU.
Note de la MEIF : l'Agence Nationale pour le Renouvellement Urbain (ANRU) participe au financement de la requalification des quartiers de  Maurepas, du Blosne et de Villejean ; sur les chantiers qui bénéficient de ses financements, les personnes recrutées au titre de la clause sociale doivent être habitants des Quartiers Prioritaires de la poltique de la Ville.

Notre société est membre du GEIQ du BTP de Rennes depuis 2008 parce que nous croyons dans la pertinence des formations en alternance. Elle permet de faciliter l'intégration des savoir-faire acquis tout au long de la formation et le recours à un GEIQ permet de s'appuyer sur des professionnels pour accompagner les salariés jusqu'à l'obtention de leur titre professionnel de coffreur-bancheur. Comme Florab et Révéka, 14 personnes sont ainsi passées par notre entreprise sur un contrat de professionnalisation depuis 2008.

Sur notre chantier, Florab est encadré par un chef d'équipe, un compagnon qui est très pédagogue, calme et posé. C'est lui qui signe le cahier de suivi de stage que Florab lui remet à chaque fois qu'il revient de formation théorique dans notre centre de formation Cézam (à Saint Nazaire) et c'est lui qui échange régulièrement avec le formateur référent du Cézam, Michel BRAUT. Cette articulation entre formateur, chef d'équipe et GEIQ est sécurisante et rassurante pour les salariés, qui se sentent vraiment soutenus et accompagnés. D'ailleurs pour Florab, tout se passe très bien. C'est quelqu'un de très sérieux, il s'implique, il est attentif, il comprend vite, on voit que c'est quelqu'un sur qui on peut compter. Il n'y a pas eu erreur de casting, il aime ce métier.
Note de la MEIF : avant d'être recruté sur ce contrat de professionnalisation, le conseiller Mission Locale et référent PLIE de Florab MUCA, Raphaël VASQUEZ, l'avait orienté vers une formation construite par la MEIF avec un financement de Rennes Métropole, du PLIE et de la Région Bretagne, une formation de 15 jours au CLPS centrée sur les règles de sécurité sur un grand chantier et les comportements clés à adopter dans une équipe professionnelle ; c'est ensuite à l'occasion d'une offre d'emploi du GEIQ que notre partenaire de l'équipe Grands Chantier de Pôle Emploi a transmis la candidature de M. MUCA au GEIQ.

" En fait, on oublierait presque que Florab et Révéka relèvent de parcours d'insertion. On sent bien que nous allons pouvoir leur confier des tâches de plus en plus précises, c'est ça le but, donner leur chance aux jeunes et les monter en professionnalisme".

Florab MUCA, salarié du GEIQ

Florab MUCA, salarié du GEIQ mis à disposition de SOGEA depuis mars 2016
« Mon projet était de me qualifier dans le métier de coffreur, j'ai fait une  seconde mécanique en 2010, et après j'ai été mécanicien pendant 6 mois, j'ai eu envie de m'orienter vers les métiers du BTP mais je n'avais pas de formation, j'ai été manœuvre pendant un an et aussi aide-maçon pendant 6 mois. Ici, c'est vraiment un chantier différent de ceux que j'ai connu, c'est vraiment grand, il y a beaucoup de professionnels. Ce qui me plait, c'est de découvrir vraiment un métier, il y a des tâches variées. J'ai envie de travailler, j'aurai même envie de découvrir plus de choses dès aujourd'hui. Ce que j'apprécie aussi, c'est que mon tuteur m'explique bien les choses, il me montre aussi comment bien faire les gestes, il prend le temps. Maintenant je sais que je dois plus parler, je suis un peu réservé, c'est ma nature mais déjà je me sens bien avec l'équipe, ça va aller ».

Un parcours en clause sociale, c'est aussi réduire au maximum les freins à l'emploi durable, en l'occurrence l'absence de permis pour Florab MUCA : suite à une visite de chantier permettant de faire un point sur la progression des bénéficiaires, SOGEA a accepté que ses horaires soient aménagés pour qu'il puisse effectuer ses heures de conduite.

Interview de M. Gohier, directeur du GEIQ BTP

Monsieur GOHIER, vous êtes directeur du GEIQ du BTP de Rennes, qu'est-ce qu'un Groupement d'Employeurs pour l'Insertion et la Qualification ? Quelles en sont les spécificités par rapport à d'autres Groupements d'Entreprises ?.

Cliquez ci-dessous pour lire l'interview de M. Gohier.

LEGENDRE ouvre les portes du garage atelier du Métro à 10 futurs bénéficiaires des clauses d'insertion à Rennes

En partenariat avec le Conseil Régional de Bretagne (dans le cadre d'une Action Territoriale Expérimentale), le PLIE de Rennes Métropole et Pôle Emploi, la MEIF (service Atout clauses), vient d'organiser avec le CLPS un 2è SAS vers l'Emploi pour 10 demandeurs d'emploi du territoire (le précédent s'était déroulé en décembre 2015). L'objectif est de préparer au mieux leurs premières missions sur les Grands Chantiers de Rennes Métropole en leur donnant des clés en matière de règles de sécurité et d'intégration dans une équipe du BTP (l'un d'eux  est déjà en poste une semaine après la formation sur le chantier de la Gare, 2 autres vont faire un essai en entreprise avant d'intégrer, nous l'espérons, le GEIQ du BTP du Pays de Rennes.

3 sont actuellement accompagnés par la Mission Locale, 5 autres sont participants du PLIE, Plan Local pour l'Insertion et l'Emploi (dispositif d'accompagnement renforcé porté par Rennes Métropole visant à faciliter l'accès à l'emploi durable). ¾ des bénéficiaires de ces 2 SAS résident en Quartiers Prioritaires de la Ville de Rennes.

Comme pour le 1er SAS, la visite de chantier et les échanges avec un conducteur de travaux ont été très appréciés. Cette fois, c'est Jean-Manuel BROSSEAU Conducteur de travaux du groupe LEGENDRE qui, avec beaucoup de disponibilité et de bienveillance, a expliqué l'importance de la sécurité sur un chantier en montrant des cas concrets sur le garage-atelier de la ligne B du Métro, il a aussi indiqué au groupe ses attentes en tant que responsable de chantier en terme d'attitudes et de  comportements.

Jean-Manuel BROSSEAU - Conducteur de travaux du groupe LEGENDRE

Jean-Manuel BROSSEAU : " Ce que nous attendons principalement de tous les professionnels, y compris ceux qui travaillent dans le cadre de la clause sociale, c'est la motivation, le sérieux et l'investissement sur son poste de travail : si la personne est sérieuse, la confiance se construit et alors, progressivement, nous pouvons confier des tâches plus complexes.
En ce qui concerne la sécurité, il y a bien sûr le port nécessaire des Equipements de Protection Individuelle (les chasubles bleus pour les visiteurs, le port des casques et des chaussures de sécurité par exemple), le nettoyage du chantier, l'attention à tous les autres professionnels qui ne sont pas de la même entreprise, tout cela c'est aussi essentiel ; la sécurité, c'est pour moi, une vigilance de tous les instants, si je vois par exemple un gars travailler en hauteur sans respecter les règles, je les lui rappelle immédiatement. C'est l'échange entre tous qui est indispensable : je préfère un gars qui ne sait pas et qui le dit, qu'un compagnon qui masque une difficulté et ne dit rien : les accidents les plus graves ont souvent pour origine des problèmes de communication alors moi j'échange en direct avec tous les chefs d'équipe, pas seulement avec le chef de chantier. Nous avons aussi ce qu'on appelle des "quarts d'heure sécurité" qui permettent de revenir sur des difficultés rencontrées et rappeler par exemple les précautions à prendre pour le travail en hauteur ou parler des protections auditives, parce que sur ce chantier un coffreur peut être à quelques mètres d'un autre professionnel qui utilise une tronçonneuse par exemple".

Séverine LE CAM - Facilitatrice des Clauses Sociales

Séverine LE CAM, facilitatrice de la clause sociale au sein du Guichet Unique de la clause, témoigne de la qualité du partenariat construit avec le groupe LEGENDRE.
« La société Legendre Génie Civil (GC) est présente sur plusieurs lots du Métro : la construction des stations Jules Ferry et Gayeulles, du Garage Atelier du Métro, de la tranchée couverte Sud et des stations Saint Jacques Gaité et La Courrouze. Legendre GC s'inscrit dans une démarche dynamique dans son partenariat avec le Guichet Unique des Clauses Sociales en privilégiant l'accès à des formations qualifiantes (titre professionnel de coffreur bancheur) grâce à son adhésion au GEIQ du BTP du Pays de Rennes (Groupement d'employeurs pour l'Insertion et la Qualification). Les professionnels de Legendre GC se sont aussi engagés en 2015 aux côtés de la MEIF dans une Préparation Opérationnelle à l'Emploi Collective (formation pré-qualifiante financée par Pôle Emploi et l'OPCA de la Construction Constructys). Ces différentes actions témoignent d'une collaboration active sur la question de l'insertion professionnelle et de l'emploi, y compris dans le cadre du Plan Emplois Quartiers mis en place par Nathalie Appéré en juin 2015. Mon intervention en tant que facilitatrice des clauses sociales permet de valider les différents engagements de cette entreprise et de garantir la bonne exécution de ses obligations. La collaboration mise en place avec Legendre Génie Civil nous permet d'encourager les initiatives des professionnels de l'entreprise avec par exemple la création d'un poste de chauffeur de parc matériel. Ensemble, nous travaillons dans la poursuite d'un objectif commun : faciliter le retour vers l'emploi durable des publics en difficulté de notre territoire ».

L'entreprise LEON GROSSE recrute sur le quartier rennais de Villejean pour la clause sociale

L'entreprise LEON GROSSE vient de rencontrer une quinzaine de demandeurs d'emploi à la Direction de Quartiers Nord Est pour 3 embauches dans le cadre des clauses sociales animées par la MEIF du Bassin de Rennes. Cette entreprise d'envergure internationale leader dans le secteur du BTP est attributaire du marché de la SNCF pour la construction de la nouvelle gare de Rennes (Pôle d'Échange Multimodal). Au total, 20 000 heures de travail doivent ainsi  bénéficier à des demandeurs d'emploi en difficulté d'insertion grâce à la clause sociale.

Ces 3 personnes embauchées comme coffreurs et homme-trafic/magasinier auront l'opportunité de valoriser dans leur CV leur participation à ce chantier qui est un des plus importants Grands Chantiers de Rennes Métropole : il s’agit du réaménagement complet de la gare de Rennes et de ses abords, dans le cadre du projet urbain plus vaste appelé Eurorennes."

Thierry LE PROVOST - Responsable Maîtrise à LEON GROSSE

Thierry LE PROVOST : " En tant que Responsable Maîtrise à LEON GROSSE, j'anime sur ce chantier une équipe de 5 conducteurs de travaux et de 3 chefs de chantier qui encadrent jusqu'à 80 compagnons au plus fort de notre activité. Avec l'aide de la MEIF, j'assure directement la sélection de nos futurs collaborateurs qui vont être embauchés dans le cadre de la clause sociale, cela leur montre que nous avons besoin de compter sur eux !
J'ai déjà supervisé des chantiers avec cette obligation de clause sociale, je suis conscient donc des difficultés qu'elles ont pu connaître et ce sera aussi à nous d'assurer un bon tutorat pour qu'elles s'intègrent bien au sein de nos équipes. Le message que j'ai voulu leur faire passer, c'est que je ne regarde pas leurs difficultés mais leur potentiel. Au départ, nous n'attendons pas d'elles qu'elles soient forcément compétentes : le plus important, c'est la motivation, leur état d'esprit, leur investissement et la fiabilité sur la durée. Nous avons fait le choix de contrats longs, 9 mois au minimum pour les 2 postes de coffreurs-ferrailleurs et 18 mois pour celui d'homme-trafic magasinier parce que nous voulons faire progresser les personnes en compétences, c'est un chantier de 3 ans, il y a donc de vrais possibilités pour développer leur autonomie…

Stéphane LE GALL - ancien agent de déchèterie

Stéphane LE GALL, ancien  Agent d’Accueil en Déchèterie pour l’entreprise TRIBORD, va poursuivre à partir du 4 avril 2016 son parcours professionnel dans le cadre de la clause sociale en intégrant le poste d’Homme-Trafic pour l’entreprise  LEON GROSSE.
« J’ai été Agent d’accueil à TRIBORD qui m'a accompagné dans la mise en place de mes projets. Cette expérience, qui m’a permis de rebondir, n’est que du positif. A mon entrée à TRIBORD, cela faisait 4 ans que je n’avais pas travaillé et j’avais besoin de reprendre confiance. J’avais auparavant travaillé pendant 17 ans dans l’entretien automobile mais ne pouvant plus exercer ce métier, je devais me réorienter. J’ai ainsi été formé au métier d’Agent d’Accueil.
Avec TRIBORD nous avons trouvé cette offre d’Homme-Trafic qui est en phase avec mon projet.
En 2015, j’ai aussi pu profiter d’une formation organisée par TRIBORD qui m’a permis d’accéder au Titre Professionnel d’Agent Technique de Déchèterie. La participation à cette expérimentation m’a aussi permis de valoriser mes compétences et de gagner en confiance par rapport à cela. Et en décembre, a été organisée à Rennes Métropole une cérémonie de remise de diplômes avec une élue (NDLR : Mme LE MEN, Vice-Présidente de Rennes Métropole en charge de l'insertion) et les partenaires du projet ! Cette qualification a été un plus pour ma candidature au poste d’Homme-Trafic.

J’ai maintenant hâte de me lancer dans cette nouvelle expérience professionnelle !
Le fait que l’accompagnement soit maintenu dans le cadre de la Clause pendant cette nouvelle mission va me permettre de finaliser mes projets personnels en cours. »

Stéphanie BRUNE - Chargée d'accompagnement à Tribord

TRIBORD est une entreprise d’insertion qui, depuis 25 ans, propose aux collectivités son expertise et des solutions adaptées à la maîtrise des déchets en Bretagne et Pays-de-la-Loire. Prestataire de Rennes Métropole pour la gestion des déchèteries, TRIBORD est partenaire des clauses sociales et se veut être un tremplin vers l’emploi durable. Elle permet ainsi aux personnes qu’elle embauche en contrats d’insertion de bénéficier d’une professionnalisation mais aussi d’un accompagnement dans leurs démarches professionnelles.
En 2015, ce sont 60 000 heures qui ont été réalisées par TRIBORD au titre de la clause pour RENNES METROPOLE dont 58 000 pour les déchèteries.
« Notre objectif est de préparer nos salariés aux métiers de demain » précise Stéphanie BRUNE. « En tant que Chargée d’Accompagnement, nous rencontrons nos salariés tout au long du contrat afin de lever ensemble les freins à l’emploi (qualification, reprise de confiance, mobilité, etc. …) ».

Benoît CAFARO - Responsable de l'agence de Rennes

« Depuis quelques années maintenant, le numérique est au cœur de nos préoccupations » souligne Benoît CAFARO, Responsable de l’agence de Rennes. « Nous avons créé et déployé des outils numériques innovants qui permettent à la fois à l’entreprise d’être performante, à la collectivité de suivre précisément la prestation que nous réalisons pour elle mais également à nos salariés d’être en phase avec les réalités du marché de l’emploi ».
Pour plus d’informations :
www.e-tribord.com - @e_tribord Suivez nous !

Hervé BALAN, facilitateur de la clause sociale

Hervé BALAN, facilitateur de la clause sociale : "TRIBORD est une entreprise d'insertion titulaire du marché de Gestion des déchetteries du territoire de Rennes Métropole depuis le mois de juillet 2002. Son partenariat avec notre Guichet Unique des Clauses Sociales de Rennes Métropole a permis de réaliser 60 000 heures d'insertion en 2015. Mon intervention en tant que facilitateur des clauses sociales permet de de valider les différents engagements de cette entreprise et de garantir la bonne exécution du marché, grâce notamment à un suivi régulier et une évaluation annuelle quantitative et qualitative. Cela nous permet d'avoir une vision précise des différentes compétences développées en lien avec les activités exercées : les compétences techniques (savoir-faire), mais aussi les compétences relationnelles (savoir-être) et certaines compétences transférables (adaptabilité, polyvalence,  respect des consignes…). Cette attention nous permet de contribuer à la sécurisation des parcours de leurs salariés en favorisant dès que nous le pouvons le lien avec le secteur marchand traditionnel.  Je me félicite aujourd'hui de la collaboration mise en place avec TRIBORD qui nous permet d'encourager les initiatives des professionnels de l'entreprise dans la poursuite d'un objectif qui nous est commun : faciliter le retour vers l'emploi durable des publics en difficulté de notre territoire".

Janvier 2016 : des entreprises recrutent sur Maurepas pour la Clause Sociale

Courant janvier 2016, les entreprises SARC et Bouygues Energie Services ont rencontré des demandeurs d'emploi à l'Espace Ressources Emploi de Maurepas pour des embauches dans le cadre des clauses sociales.

Ces recrutements concernent des postes d'électriciens et de canalisateurs pour le chantier de la ZAC de Maurepas-Gayeulles qui relève du Nouveau Programme de Renouvellement Urbain. Ce programme soutient la requalification urbaine des quartiers rennais de Maurepas et du Blosne grâce à des financements attendus de l'Agence Nationale de Renouvellement Urbain sur les 10 prochaines années. Il permettra par exemple de restructurer des écoles, des équipements socioculturels de quartiers ou des centres commerciaux, de créer des ateliers artisanaux, de réhabiliter des logements HLM.  Au total, ce sont plus de 200 000 heures de travail qui seront mobilisées sur 10 ans (soit près de 10 équivalents temps plein par an) dans le cadre de la clause sociale au bénéfice de demandeurs d'emploi habitant les Quartiers Prioritaires de la Ville de Rennes.

Tarik Cheikh - Bénéficiaire de la clause sociale

Tarik CHEIKH, habitant de Villejean, va commencer le 8 février 2016 son parcours de 2 ans dans le cadre de la clause sociale : "Je vais intégrer la société SARC Ouest comme aide-canalisateur sur Maurepas. En 2013, j'avais fait une formation de canalisateur de 6 mois mais je ne l'ai pas validée complètement. Après cette formation, je n'ai pas trouvé de mission dans ce secteur. Ce poste va m'apporter l'expérience qui me manque, c'est un redémarrage pour moi. En 2007, j'avais obtenu un titre de coffreur-bancheur, j'avais réussi ensuite à trouver des missions intérimaires mais en 2009-2010, ç'était difficile d'en trouver, des fois il fallait le permis… Je suis resté 3 ans sans boulot, et c'est pour ça que j'ai voulu faire la formation de canalisateur qui s'est créée à l'AFPA de Rennes en 2013. C'est Pôle Emploi qui m'a fait découvrir ce métier avec des "journées de découverte des métiers" : un jour, j'allais sur un chantier, j'étais accueilli par une entreprise qui me présentait sa société et ses métiers ; j'ai découvert la serrurerie, la chaudronnerie, les techniques de la chaux pour des maisons en terre, et c'est à Eiffage Construction que j'ai découvert la canalisation. Maintenant je sais que je vais être accompagné pendant 2 ans avec la Clause Sociale, j'aurai donc une bonne expérience.  Et je vais pouvoir financer mon permis et peut-être passer la partie qui me manque pour avoir mon diplôme de canalisateur. C'est aussi important pour moi d'avoir retrouvé du travail parce que je suis père de 3 enfants. J'ai galéré mais aujourd'hui je vais m'en sortir".".

Mélanie PAYOUX - Espace Ressources Emploi de Rennes Maurepas

Pilotés par les CCAS rennais et la MEIF, les Espaces Ressources Emplois (ERE) ont pour mission d’être le relais des habitants des quartiers rennais en matière d’emploi. Ouverts quotidiennement du lundi au vendredi, ils sont animés par des  professionnels (en photo, Mélanie PAYOUX pour l'ERE de Maurepas). Grâce à des rendez-vous individuels ou des ateliers collectifs, ces Espaces Ressources Emploi permettent d'apporter aux habitants des informations et des conseils dans leur recherche d’emploi.

La MEIF qui pilote la clause s'appuie et s'appuiera sur ces chantiers importants pour favoriser ce type de rencontres entre entreprises et demandeurs d'emploi ; avec l'appui des professionnels de ces quartiers, des autres acteurs de l'emploi et du développement économique (Pôle Emploi avec des POEC par exemple, Rennes Métropole, les bailleurs sociaux,…), le service du Guichet Unique mettra en place d'autres actions à destination des habitants des Quartiers Prioritaires qui travailleront sur ces chantiers (ex. préparation des demandeurs d'emploi avec des formations précédant la prise de poste).

Formation Grands Chantiers du 30 novembre au 11 décembre 2015

ATOUT CLAUSES, le Guichet Unique de la clause sociale de la MEIF, a organisé avec le CLPS de Rennes une formation de 2 semaines permettant de préparer 10 demandeurs d'emploi à intégrer les Grands Chantiers de Rennes Métropole.

Fruit d'un partenariat avec le Conseil Régional de Bretagne (dans le cadre d'une Action Territoriale Expérimentale), le PLIE de Rennes Métropole, Pôle Emploi et la MEIF, cette formation a été centrée sur la prévention des risques sécurité sur un chantier pour permettre à ces futurs bénéficiaires de la clause sociale d'identifier les risques sur un chantier du BTP, de connaître les principales règles de sécurité et les outils concrets pour la mettre en œuvre. Cette formation a aussi intégré des modules sur l'intégration dans une équipe professionnelle.

Les participants avec Stéphane TREGLOZE (formateur du CLPS), Raphaël VASQUEZ (chargé d'accompagnement à la Mission Locale de Rennes et référent PLIE), Bertrand BERNICOT (chargé de sécurisation des parcours au sein d'Atout Clauses)
Les participants avec Stéphane TREGLOZE (formateur du CLPS), Raphaël VASQUEZ (chargé d'accompagnement à la Mission Locale de Rennes et référent PLIE), Bertrand BERNICOT (chargé de sécurisation des parcours au sein d'Atout Clauses)

8 participants sont habitants des Quartiers Prioritaires de la Ville de Rennes, ils pourront ainsi travailler sur les chantiers du Nouveau Programme de Rénovation Urbaine. D'ores et déjà, certains sont positionnés sur des premières missions intérimaires ou des projets de contrat de professionnalisation de coffreurs-bancheurs avec le GEIQ BTP du Pays de Rennes.

Au cours de cette formation, les participants ont profité d'une visite du chantier du Gast Voirie Assainissement sur la ZAC Maurepas Gayeulles, ils ont alors pu échanger avec Fabien JOSSEAUME conducteur de travaux de l'entreprise COLAS et Francis COUPECHOUX coordinateur SPS (Sécurité et Protection de la Santé) pour la Société d'Economie Mixte TERRITOIRES.

Francis COUPECHOUX : "Je pense que votre démarche est la bonne car un chantier sécurisé en amont permet aux futurs bénéficiaires de la clause de comprendre que leur sécurité et plus globalement, la sécurité de tous, est un préalable à un parcours professionnel réussi. On peut faire un parallèle avec l’apprentissage de la conduite automobile : si on a le réflexe d’attacher sa ceinture de sécurité, on peut se consacrer uniquement à la conduite."

Fabien JOSSEAUME, conducteur de travaux COLAS : "sensibiliser cette équipe à l’importance de la sécurité sur les chantiers, nous paraît primordial pour insérer ces bénéficiaires de la clause sociale à une équipe travaux. Les risques sont d’autant plus nombreux sur des chantiers comme la ZAC Maurepas Gayeulles, où la co-activité avec les entreprises des différents bâtiments en construction, la mitoyenneté avec les riverains et la circulation présente sur site, sont des contraintes importantes à prendre en compte. L’intérêt est donc de leur faire prendre conscience de se protéger tout en protégeant les autres. Concernant l’intégration à une équipe professionnelle, nous avons besoin de la part du compagnon, de motivation et d’envie de découvrir".

Stéphane TREGLOZE formateur du CLPS

Stéphane TREGLOZE formateur du CLPS : "La sécurité et la prévention, nous les avons abordées par tous les fronts, pour découvrir que c’est comme pour le « savoir-être » sur un chantier : il faut s’appuyer sur des valeurs solides : Le Respect, la Solidarité et l’Engagement".

Priscilla ZAMORD, coordinatrice des parcours d'insertion PLIE

Priscilla ZAMORD, coordinatrice des parcours d'insertion PLIE : "5 participants du Plan local d'Insertion et de l'Emploi ont pu intégrer cette formation.  Les aspects travaillés durant cette formation sont des atouts pour accéder à l'emploi durable, ce qui est l'objectif premier de notre dispositif. Nous allons maintenant nous mobiliser pour sécuriser leurs premières missions sur les Grands Chantiers."

Bertrand BERNICOT, Chargé de Sécurisation des Parcours

Bertrand BERNICOT, chargé de sécurisation des parcours : "La sécurisation des parcours, c'est aussi préparer les personnes AVANT même leur première mission. Sur cette action, nous avons eu l'opportunité de former un groupe composé en grande majorité de personnes habitant les quartiers prioritaires de la Ville de Rennes : c'est une priorité pour notre service Atout Clauses de contribuer au Plan Emploi Quartiers voulu par la Mairie de Rennes pour dynamiser l'emploi sur ces territoires"